Lomé le 17 Décembre 2010. Le Réseau Ouest Africain des Défenseurs des Droits Humains (ROADHH/WARDHN), est profondément préoccupé par la situation socio politique qui prévaut actuellement en Côte d’Ivoire et ses conséquences sur la population et particulièrement les défenseurs des droits de l’homme.

Depuis la proclamation des résultats du second tour de l’élection présidentielle le 28 Novembre 2010 et les prestations de serment des deux « présidents » en date du 4 décembre 2010,la situation socio politique n’a cessé de se dégrader et les défenseurs des droits de l’homme en font les frais.

Selon les informations qui nous parviennent des défenseurs des droits de l’homme font l’objet de menaces, d’actes d’intimidation et de destructions de leurs biens. Les cas suivants ont été portés à la connaissance du ROADDH/WAHRDN:

Depuis le 10 Décembre 2010 M. Traoré Drissa président du Mouvement Ivoirien pour les Droits de l’Homme (MIDH) est objet de menaces et son domicile fait l’objet de plusieurs repérages,

Depuis le 28 Novembre 2010 M. Behibo Armand membre d’Amnesty International (AI) fait l’objet de menace de la part des membres de la Fédération Estudiantine et Scolaire de Côte d’Ivoire,

Début Décembre, M. Coulibaly Dopali membre du MIDH à été victime d’actes d’intimidation et sa voiture saccagée.

Enfin, le 15 Décembre 2010 M. Diaby Brahima secrétaire général du Syndicat National des Transports des Marchandises et des Voyageurs à été victime de fausses accusations formulées à son endroit. Selon ses accusateurs, il serait le distributeur de machettes au marché d`Adjamé.

Le ROADDH/WAHRDN s’inquiète de la sécurité quotidienne des défenseurs en Cote d`Ivoire particulièrement ceux cite dans la présente déclaration.

Le ROADDH/WAHRDN tient à rappeler aux parties en conflit que la protection des citoyens incombe en premier lieu à l’Etat ivoirien et par conséquent à ses représentants. Ainsi, aux termes des dispositions de la Déclaration des Nations Unies sur les Défenseurs des Droits de l’Homme de 1998, il est de la responsabilité de l’Etat de protéger les défenseurs des droits de l’homme.

Par ailleurs les Déclarations de Kigali et de Grand Baie, demandent aux Etats de veiller au bien être des défenseurs des droits de l’homme.Le ROADDH/WAHRDN condamne sévèrement les actes perpétrés à l’endroit des personnes citées et demande
à toutes les parties concernées de prendre leurs responsabilités afin d’assurer la protection effective de la population entière et des défenseurs des droits de l’homme en Côte d’Ivoire.

Le ROADDH invite également la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples et le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies à rappeler à M. Gbagbo et Ouattarra les obligations qui sont les leurs visà-vis du peuple ivoirien en les invitant à mettre un terme à toute action susceptible d‘entrainer des violations des droits fondamentaux des populations et ceux des défenseurs des droits de l’homme.

 

Fait à Lomé le 17 Décembre 2010
ROADDH- WAHRDN