Plus qu’une série télévisée, l’affaire Marou Amadou continue tristement son chemin épisode après épisode.
Le Réseau Ouest Africain des Défenseurs des Droits Humains (ROADDH/WAHRDN ) a été de nouveau informé de la condamnation de M. Marou Amadou, président du Front uni pour la sauvegarde des acquis démocratiques (FUSAD) et du Comité de réflexion et d’orientation indépendant pour la sauvegarde des acquis démocratiques (CROISADE), à trois mois de prison avec sursis. Le 25 janvier 2010, la Cour d’appel de Niamey a condamné M. Marou Amadou à trois mois de prison avec sursis pour « propagandes régionalistes ».

Rappel des faits

En effet, le 10 août 2009, Marou Amadou a été arrêté par la police judiciaire et détenu dans la prison de haute sécurité de Koutoukali, a 113 km de Niamey. Il est accusé d’ «infraction contre la sécurité de l’état ». Le 11 août 2009, il a comparu devant le TGI et a été acquitté pour vice de procédure. Le même jour vers 16h00, alors qu’il attendait que toutes les procédures liées à sa libération soient terminées, deux véhicules du FNIS sont arrivés à la prison civile et l’ont embarqué sans présenter de mandat et sans aucune explication ni indication concernant le lieu où ils allaient le conduire. L’endroit où il se trouvait est resté inconnu jusqu’au lendemain, quand ses collègues et ses proches ont appris qu’il était détenu par la police judiciaire. Il n’a pu recevoir aucune visite jusqu’au 13 août, mais seul son avocat a été autorisé à le voir.

Le 9 août 2009, Marou Amadou a lu une déclaration publique du FUSAD, à l’occasion du 10ème anniversaire de la Constitution du Niger, dénonçant la corruption du gouvernement du Président Tandja Mamadou, ainsi que l’illégalité du référendum soutenu par le gouvernement qui a eu lieu le 4 août 2009.

Dans cette déclaration il a fait référence au fait que, le 12 juin 2009, la Cour Constitutionnelle a reconnu le caractère illégal de ce référendum. Le 29 juin 2009, lors d’un programme télévisé sur la chaîne Dounia, Marou Amadou avait mentionné une déclaration publiée par le Front de défense de la démocratie (FDD), dans laquelle il demandait à l’armée de respecter l’article 13 de la Constitution du Niger, dans lequel il est écrit « Nul n’est tenu d’exécuter un ordre manifestement illégal ». Le même jour, Marou Amadou avait été arrêté par la police de Niamey et détenu dans les locaux de la police judiciaire. Le 30 juin 2009, il avait été accusé d’avoir « incité à la désobéissance envers les forces de défense et les forces de sécurité », «comploté contre l’autorité de l’Etat » et « entrepris de démoraliser les forces armées » selon les articles 76, 78 et 79 du code pénal – accusations pour lesquelles il peut être condamné à mort. Il a aussi été accusé d’ « infraction flagrante par voie de presse ». Il a été libéré le 2 juillet 2009, mais toutes les accusations restent en suspens.

Le ROADDH a informé le Bureau de la Rapporteure Spéciale sur les défenseurs des droits de l’homme en Afrique de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples afin de prendre des actions urgentes à cet effet.

Il faut le rappeler, le Niger est l’un des pays où la violation des droits humains a atteint son

sommum.