Alioune Tine sévèrement touché

Lomé le 27 Juin 2011. Le Réseau Ouest Africain des Défenseurs des Droits Humains (ROADHH/WARDHN), a été informé des récents heurts qui sont survenus à Dakar au Sénégal, suite au projet de loi sur le « ticket présidentiel ».

Le 23 juin 2011, M. Alioune Tine, président de la Rencontre Africaine pour la Défense des Droits de l’Homme (RADDHO) à Dakar, et de M. Oumar Diallo, membre de la RADDHO et de l’Assemblée générale de l’OMCT ont été blessés lors d’un rassemblement pacifique devant l’Assemblée nationale organisé par les organisations de la société civile afin de protester contre le projet de loi sur le “ticket présidentiel” qui devait y être présenté ce jour là.

 

D’après nos informations, Ils ont été attaqués par les partisans du pouvoir en place, notamment les membres du Parti démocratique sénégalais (PDS).

MM. Tine et Diallo, ont été conduits à l’hôpital principal de Dakar afin d’y recevoir des soins après avoir perdu connaissance suite aux nombreux coups qui leur ont été portés à l’aide de bâtons et de pierres. Leurs jours ne sont pas en danger, mais leur sécurité demeure préoccupante ; particulièrement celle de M Alioune Tine qui à fait l’objet de plusieurs menaces et est sévèrement critiqué par le pouvoir en place, notamment par le premier ministre qui n’avait

pas hésité à déclaré lors d’une interview au journal sénégalais L’Observateur les membres de la société civile comme “des gens qui ont des opinions politiques [sans avoir] le courage de participer au jeu politique”, “des politiciens voilés, des hypocrites qui ont peur de s’affirmer”. Le premier ministre a également accusé les acteurs de la société civile de “s’arborer d’un manteau politique” en vue “d’empester l’air” des politiciens.

Le ROADDH/WAHRDN condamne fermement les violences à l’encontre de MM Tine et Diallo et rappelle aux autorités sénégalaises qu’aux termes des dispositions de la Déclaration des Nations Unies sur les Défenseurs des Droits de l’Homme de 1998, il est de la responsabilité de l’Etat de protéger les défenseurs des droits de l’homme. Par ailleurs la Déclaration des Nations Unies de 1998 reconnaît en son article 5. Le droit au défenseur des droits de l’homme de manifester ou de se rassembler pacifiquement pour exprimer leurs opinions.

Le ROADDH/WAHRDN tiens à souligner que les défenseurs des droits de l’homme ont le droit de participer à la bonne marche des affaires publiques du pays en vertu des articles 13 de la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples et 8 de la Déclarations des Nations Unies sur les Défenseurs des Droits de l’Homme de 1998.

Par ailleurs la Résolution sur les Déclarations de Kigali et de Grand Baie ; demandent aux Etats de veiller au bien être des défenseurs des droits de l’homme.

Le ROADDH/WAHRDN demande aux autorités sénégalaises de garantir l’intégrité physique et morale de MM Tine et Diallo et de tout mettre en œuvre afin que les coupables soient arrêtés et juger.

Fait à Lomé le 27 Juin 2011