Au lendemain de l’annonce des résultats provisoires, lundi, des violences politico-ethniques, qui ont fait 7 à 12 morts et plus de 200 blessés selon les sources, s’étaient déclenchées dans le pays.

Dans une rencontre entre Konaté et Cellou Dalein Diallo à la présidence de la République, le candidat de l’UFDG s’est plaint du mauvais traitement de l’armée sur ses militants. Il a interpellé le chef de la junte pour que cesse le ratissage, les arrestations arbitraires dont les militants de l’UFDG ont fait les frais. Alpha Condé, arrivé premier selon les résultats provisoires de la Ceni, a fait une déclaration ce mardi soir dans laquelle il condamne les agissements de l’armée. “L’armée est un problème et il faudra revoir leur situation” a t’il martelé.

 

Le gouvernement nigérien n’entend pas se conformer aux recommandations émises par la Cour de justice de la CEDEAO. L’organisation a jugé le maintien en détention de l’ex-président Mamadou Tandja illégal et a sollicité sa libération.

La junte va demander « la révision » de cette décision de justice, que la Cedeao ne peut de toute manière pas imposer au Niger. En effet, elle n’a pas la possibilité de contraindre les États membres à appliquer ses verdicts.

La CEDEAO a-t-elle raison de prendre cette décision en faveur de Tandja qui refusait les appels de cette même organisation lui demandant de renoncer à son projet de modification de la constitution de son pays?

La justice de la CEDEAO aurait considéré la détention sans charge de Tanja pour affirmer que son maintien en détention était « illégal ». L’être humain étant infiniment au-dessus de tout prix, cette approche de la dignité humaine a sans doute amené la justice de la CEDEAO à exiger sa libération.

Cependant, nul n’ignore que c’est la dérive autocratique de Tandja qui lui avait valu d’être renversé lors d’un putsch mené par l’armée, qui avait mis au pouvoir le Conseil supérieur pour la restauration de la démocratie (CSRD). Ce coup d’Etat, salué par la Majorité des Nigériens est considéré comme salvateur. Dans la droite ligne de rétablissement de la démocratie au Niger, le projet de nouvelle Constitution représente le premier stade de la transition entamée en février dernier. Ce processus qui doit déboucher sur une élection présidentielle en janvier 2011, sera suivi d’un retour du pouvoir aux mains d’un civil avant le mois d’avril, comme l’a promis la junte. De ce point de vue, la junte voudrait rétablir l’ordre constitutionnel avant de s’occuper du cas Tandja. Comme pour dire le peuple d’abord.

 

La Guinée-Bissau est un pays qui a connu de nombreux coups d’État et rébellions militaires. Les forces armées ont dominé la vie politique en Guinée-Bissau depuis l’indépendance du pays en dirigeant le pays ouvertement ou en coulisse. Elles se sont attribué des pouvoirs qui violent la Constitution du pays. Depuis des années, les forces armées sont devenues un facteur majeur de déstabilisation du pays. En raison de la faiblesse des institutions et des autorités étatiques, la survie des gouvernements dépend du soutien des forces armées.

Les hommes politiques ont, eux aussi, souvent monté les diverses factions au sein des forces armées les unes contre les autres. Les rivalités au sein des forces armées ont entraîné des luttes intestines et des assassinats. Les droits de l’homme payent le prix. Le pays a connu des assassinats, des actes de torture et de mauvais traitements, la liberté d’expression est supprimée et la faiblesse du système judiciaire et d’autres institutions étatiques ainsi que l’absence d’enquêtes et de poursuites judiciaires pour les cas de violations de droits humains commises par des soldats ont perpétué l’impunité dont bénéficient les forces armées.
C’est pour examiner cette situation que l’Etat Bissau Guinéen ira présenter l’état des situations dans le domaine des droits de l’homme devant le Conseil des Droits de l’homme à Genève. La société civile, quant à elle, se prépare activement à cette rencontre.

Le  Réseau Ouest Africain des Défenseurs des Droits Humains (ROADDH/WAHRDN) fait, dans le cadre du passage de la Guinée Bissau à l’EPU vendredi le 7 Mai, des propositions de recommandations à l’endroit du gouvernement Bissau guinéen:

1. Ratifier tous les traités principaux relatifs aux droits humains, en particulier le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et ses premier et deuxième Protocoles facultatifs ainsi que la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants;
2. Veiller à ce que les dispositions figurant dans tous les traités internationaux de droits humains,
3. Veiller à ce que tous les cas d’exécutions illégales fassent l’objet sans délais d’enquêtes impartiales et effectives et que les responsables présumés de ces actes soient traduits en justice dans le cadre de procès respectant les normes internationales d’équité.
4. Enquêter sur tous les cas de torture et de mauvais traitements commis par des officiers et autres personnels militaires afin de traduire en justice les responsables présumés de ces actes de torture et de mauvais traitements, conformément aux normes internationales d’équité;
5. Veiller à ce que personne ne fasse l’objet d’arrestations et de détentions arbitraires pour avoir exercé son droit à la liberté d’expression ou d’autres droits et que les arrestations soient effectuées conformément à la loi par des agents chargés de l’application des lois.

Informations

Selection-EPU des Troikas pour la Guinée Bissau:
le Djibouti, la République du Corée, les Etats Unis d’Amérique

Calendrier provisoire de la huitième session du groupe de travail

Mardi 4 Mai Vendredi 7 Mai Jeudi 6 Mai Mardi 11 Mai
10h-14h: Examen sur la Guinée 9h-12h: Examen sur la Guinée Bissau 12h-12h 30: Adoption du rapport sur la Guinée Adoption du rapport sur la Guinée Bissau