Le 12 Avril 2011, le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a annoncé la nomination des trois membres de la Commission d’enquête internationale mise en place le 25 mars dernier, à l’unanimité des Etats membres, pour « enquêter sur les faits et circonstances entourant les allégations de graves abus et violations des droits de l’homme commis en Côte dIvoire à la suite de l’élection présidentielle du 28 novembre 2010, identifier leurs responsables et les traduire en justice ».

Elle est composée du Thaïlandais Vitit Muntabhorn, ancien Rapporteur spécial de l’ONU sur la situation des droits de l’homme en Corée du Nord, du Soudanais Suliman Baldo, un expert reconnu sur la résolution des conflits et les droits de l’homme en Afrique, ainsi que de la Béninoise Reine Alapini Gansou, avocate et Présidente de la Commission africaine des droits et des peuples.
Pour remplir son mandat, la Commission bénéficiera du soutien administratif, technique et logistique du Haut commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH), qui dispose déjà d’équipes sur le terrain.
Lors d’une conférence de presse à Genève, mardi, le porte-parole du HCDH, Rupert Colville, est revenu sur la question centrale des violations des droits de l’homme commises dans le pays depuis le deuxième tour de la présidentielle le 28 novembre, rappelant que la primauté du droit était « une condition importante pour la réconciliation nationale ».

Source:unog.ch

Le 14 mars 2011, le Conseil des droits de l’homme (le Conseil) a étudié le suivi de ses sessions extraordinaires sur la Côte d’Ivoire et a commencé son débat général sur les situations des droits de l’homme qui requièrent son attention.

La commission d’enquête sur la Côte d’Ivoire jouit d’un large soutien.

S’exprimant au nom de la Haut-Commissaire, Mme Kyung-wha Kang (la Haut-Commissaire adjointe aux droits de l’homme) a présenté le rapport du HCDH sur la situation des droits de l’homme en Côte d’Ivoire, qui couvre les développements jusqu’au 31 janvier 2011.

Le rapport décrit la détérioration drastique de la situation humanitaire dans le contexte de la crise post-électorale, se référant à de nombreux cas d’exécutions extrajudiciaires, d’enlèvements, de disparitions forcées, de harcèlement et d’intimidation, ainsi que d’autres formes de violations qui auraient été commises par des forces de sécurité et des groupes armés alliés à M. Laurent Gbagbo à Abidjan et dans d’autres endroits du pays.
Mme. Kang a déclaré qu’en plus du climat de violence générale, la crise prolongée et l’imposition de sanctions économiques ont eu des conséquences sévères sur la liberté de mouvement et l’accès aux services sociaux de base, et ont particulièrement affecté les droits à la santé et à l’éducation. Vu le risque d’une résurgence de la guerre civile, la Haut-commissaire adjointe a encouragé tous les groupes à faire preuve de la plus grande retenue afin d’éviter une escalade de la violence et résoudre leurs différends de manière pacifique.
S’exprimant au nom du pays concerné, M Ahoussou-Kouadio (ministre de la justice et des droits de l’homme du président entrant Alassane Ouattara) a souligné l’étendue des crimes organisés ainsi que des nouvelles formes de violences comme le pillage et le vandalisme pratiquées par les forces tribales de Laurent Gbagbo, et a demandé une commission internationale d’enquête afin de tenir les auteurs de ces crimes responsables pour des violations de droits de l’homme.

D’autres problèmes soulevés durant la session incluaient la détérioration des circonstances humanitaires des déplacés internes, les menaces proférées à l’encontre de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) et ses employés, le recrutement de mineurs et l’utilisation de boucliers humains des deux côtés du conflit, ainsi que la propagande dans les médias et l’incitation à la haine.

Source:ishr.ch