La Rapporteuse spéciale des Nations Unies Najat Maalla M’jid, à l’issue de sa visite au Bénin du 28 October au 8 November a exprimé sa grande préoccupation face à la relative tolérance sociale envers la violence et l’exploitation des enfants et face à l’impunité dont jouissent les auteurs de ces crimes. Lire le communiqué en français ou en anglais.

Malgré les demandes persistantes de la Communauté internationale appelant le Sénégal à dépénaliser l’homosexualité, les autorités sénégalaises réitèrent leur refus de légaliser cette pratique  qui serait contre les us et coutumes et religions du pays.

Ce sont des confidences glanées dans les couloirs du Conseil des droits de l’Homme de l’Onu à Genève. Le Sénégal n’acceptera pas de sitôt, de légaliser l’homosexualité, comme le souhaitent les pays occidentaux. La délégation conduite lundi dernier, par Me Sidiki Kaba, ministre de la Justice, à l’occasion de l’Examen périodique universel (Epu) à Genève, n’a pas fait dans le clair-obscur en réitérant les propos du chef de l’Etat tenus devant Barack Obama lors de sa visite à Dakar (26 et 27 juin). Pour certains, toutes les recommandations sont les bienvenues sauf celles ayant trait à l’homosexualité. Même si les membres de la délégation n’ont pas voulu s’exprimer à visage découvert, ils ont tenu néanmoins à exprimer leur «indignation» face à l’insistance des pays européens en particulier, relativement à la révision de l’article 319, qui punit les actes contre nature. «Nous allons mettre en œuvre progressivement les recommandations formulées par les pays de la Communauté internationale, surtout celles liées aux conditions difficiles des enfants ou encore aux conditions de la femme, mais il n’est pas question de réviser l’article 319 qui semble plus intéresser ces gens», a clairement indiqué un membre de la délégation du ministre Sidiki Kaba.
Un autre plus virulent est allé jusqu’à se demander au nom de quoi l’Occident veut imposer au Sénégal l’homosexualité, alors qu’au même moment, il combat farouchement la polygamie ? Quoi qu’il en soit, la délégation sénégalaise est restée intransigeante sur la question, même si le ministre lui est resté très évasif sur les réponses apportées lors de son audition devant l’Epu. De façon très intelligente, Sidiki Kaba a esquivé la question en disant simplement que le Sénégal combat plutôt les actes contre nature et non l’homosexualité, car chacun a le loisir de choisir son orientation sexuelle. Mais le Sénégal ne risque rien s’il ne souscrit pas aux recommandations de la Communauté internationale. Si l’on se fie aux éclairages formulés par Rolland Chauville, directeur exécutif de l’information de l’Examen périodique universel qui est un mécanisme nouveau et unique des Nations-unies, entamé en avril 2008 et qui consiste en l’examen de tous les pays du monde, tous les quatre ans et demi, sur leurs pratiques en matière de droits de l’Homme.
M. Rolland Chauville a indiqué qu’au sein des Nations unies, il n’existe pas encore de mécanismes d’évaluation de l’Epu pouvant aboutir à des sanctions à l’encontre des pays qui ne respecteraient pas de traduire en actes  les recommandations formulées par la Communauté internationale. «Pour le moment, nous n’avons pas un mécanisme devant permettre de prononcer des sanctions  suite aux recommandations de l’Epu», a éclairé M. Chauville.
Ce qui veut dire que le Sénégal n’a rien à craindre en termes de sanctions, au moins dans le court terme. Parce qu’à la longue, les pays occidentaux peuvent se lasser de «l’entêtement» du Sénégal, à force de devoir répéter les mêmes recommandations.
«C’est vrai qu’à un moment, peut-être au cours des prochains Epu, les pays peuvent réfléchir à propos de possibles sanctions, mais là, il n’existe pas encore de mécanismes, en se sens», a encore expliqué Rolland Chauville. Des intellectuels sénégalais ont récemment organisé un panel à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar, au cours duquel, ils ont tiré la sonnette d’alarme sur l’intention cachée des pays occidentaux de conditionner l’aide au développement à l’abrogation de l’article 319 du Code pénal sénégalais. Les mêmes intellectuels ont demandé à l’Etat sénégalais d’anticiper les réflexions pour des solutions alternatives à l’aide occidentale au développement à l’image de la Gambie qui s’est résolue à prendre son destin en mains.

 

Source: Le quotidien

Il y a deux ans, l’Assemblée générale des Nations unies approuvait, à une large majorité, la création d’un Conseil des droits de l’homme en lieu et place de l’ancienne Commission des droits de l’homme, rendue de plus en plus inopérante par des luttes de leadership entre pays du Nord, se disant dépositaires exclusifs de la démocratie et des droits de l’homme, et les pays du Sud sommés de se conformer aux canons européens. C’est ainsi que fut créer l’EPU au cours de l’année 2008.
EPU. Cet acronyme de trois lettres est désormais sur toutes les lèvres, dans les milieux des droits de l’homme. Ils désignent, en effet, l’Examen Périodique Universel, le nouveau mécanisme créé par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU pour examiner la situation des droits humains dans tous les pays membres des Nations unies. Devant ce mécanisme, plusieurs délégations de plus de soixante dix pays prennent la parole. Les uns pour poser des questions, les autres pour émettre un témoignage ou demander des éclaircissements à la suite d’un exposé liminaire sur l’état des droits de l’homme d’un pays donné.

Le contenu des rapports ressort le plus souvent la situation des droits de la femme et de l’enfant tout comme l’état des lieux du pays en matière de droits politiques, économiques, sociaux et culturels.

La Guinée tout comme la Guinée Bissau, pays membres du Réseau Ouest Africain des Défenseurs des Droits Humains (ROADDH/WAHRDN) vont présenter leur rapport devant ce mécanisme respectivement les 4 et 7 mai 2010.

Pour la société civile de ces deux pays, l’objectif de ce rapport est de porter à la connaissance de la communauté internationale, les violations des droits humains commises sur ces territoires et d’interpeller le gouvernement en place et au moment de l’Examen Périodique Universel, de prendre toutes les mesures nécessaires afin de situer les responsabilités.

Faire le parallèle entre certains pays africains déjà examinés et d’autres en attente de l’être c’est présager de l’issue à réservée à ces derniers. Et, c’est bien ce probable manquement que risquent d’avoir beaucoup de pays.

En effet, la Tunisie a été le premier pays africain à se soumettre à cet exercice quadriennal le 8 avril 2008. Les différentes délégations ont dans leur quasi-totalité félicité la Tunisie pour la qualité du rapport présenté, son caractère méthodique, la richesse de son contenu et son engagement à poursuivre sur la voie de la protection des droits de l’homme au point où le président du Conseil des droits de l’homme a invité les pays qui suivront à s’inspirer du modèle tunisien.

Il y a sans doute des raisons qui expliquent cet appel au score de la Tunisie à l’EPU de 2008.

Pays le plus compétitif d’Afrique et du monde arabe, la Tunisie est classée 13ème en termes de confiance dont bénéficient les hommes politiques auprès de l’opinion publique, 17ème pour le lancement dans des délais compétitifs de projets économiques, 24ème dans la sous-rubrique «fiabilité des services de police» et 28ème concernant les relations du travail.

Au regard des évènements malheureux et ininterrompus que connaissent la plupart des pays africains, (Conflits sanglants, meurtres, assassinats, détentions arbitraires, musellement de la presse, pour ne citer que ceux-là.) qui sont les maux principaux contre lesquels les droits de l’homme luttent, la Guinée et la Guinée Bissau parviendront-elles à éditer le modèle tunisien à la huitième session du groupe de travail du Conseil des droits de l’homme en Mai 2010?
Attendons de voir!

Informations

Selection-EPU des Troikas pour la Guinée:
Ghana, Bosnie Herzegovine, Japon
Calendrier provisoire de la huitième session du groupe de travail

Mardi 4 Mai Vendredi 7 Mai Jeudi 6 Mai Mardi 11 Mai
10h-13h: Examen sur la Guinée 9h-12h: Examen sur la Guinée Bissau 12h-12h 30:Adoption du rapport sur la Guinée 12h-12h 30: Adoption du rapport su la Guinée Bissau