Malgré les demandes persistantes de la Communauté internationale appelant le Sénégal à dépénaliser l’homosexualité, les autorités sénégalaises réitèrent leur refus de légaliser cette pratique  qui serait contre les us et coutumes et religions du pays.

Ce sont des confidences glanées dans les couloirs du Conseil des droits de l’Homme de l’Onu à Genève. Le Sénégal n’acceptera pas de sitôt, de légaliser l’homosexualité, comme le souhaitent les pays occidentaux. La délégation conduite lundi dernier, par Me Sidiki Kaba, ministre de la Justice, à l’occasion de l’Examen périodique universel (Epu) à Genève, n’a pas fait dans le clair-obscur en réitérant les propos du chef de l’Etat tenus devant Barack Obama lors de sa visite à Dakar (26 et 27 juin). Pour certains, toutes les recommandations sont les bienvenues sauf celles ayant trait à l’homosexualité. Même si les membres de la délégation n’ont pas voulu s’exprimer à visage découvert, ils ont tenu néanmoins à exprimer leur «indignation» face à l’insistance des pays européens en particulier, relativement à la révision de l’article 319, qui punit les actes contre nature. «Nous allons mettre en œuvre progressivement les recommandations formulées par les pays de la Communauté internationale, surtout celles liées aux conditions difficiles des enfants ou encore aux conditions de la femme, mais il n’est pas question de réviser l’article 319 qui semble plus intéresser ces gens», a clairement indiqué un membre de la délégation du ministre Sidiki Kaba.
Un autre plus virulent est allé jusqu’à se demander au nom de quoi l’Occident veut imposer au Sénégal l’homosexualité, alors qu’au même moment, il combat farouchement la polygamie ? Quoi qu’il en soit, la délégation sénégalaise est restée intransigeante sur la question, même si le ministre lui est resté très évasif sur les réponses apportées lors de son audition devant l’Epu. De façon très intelligente, Sidiki Kaba a esquivé la question en disant simplement que le Sénégal combat plutôt les actes contre nature et non l’homosexualité, car chacun a le loisir de choisir son orientation sexuelle. Mais le Sénégal ne risque rien s’il ne souscrit pas aux recommandations de la Communauté internationale. Si l’on se fie aux éclairages formulés par Rolland Chauville, directeur exécutif de l’information de l’Examen périodique universel qui est un mécanisme nouveau et unique des Nations-unies, entamé en avril 2008 et qui consiste en l’examen de tous les pays du monde, tous les quatre ans et demi, sur leurs pratiques en matière de droits de l’Homme.
M. Rolland Chauville a indiqué qu’au sein des Nations unies, il n’existe pas encore de mécanismes d’évaluation de l’Epu pouvant aboutir à des sanctions à l’encontre des pays qui ne respecteraient pas de traduire en actes  les recommandations formulées par la Communauté internationale. «Pour le moment, nous n’avons pas un mécanisme devant permettre de prononcer des sanctions  suite aux recommandations de l’Epu», a éclairé M. Chauville.
Ce qui veut dire que le Sénégal n’a rien à craindre en termes de sanctions, au moins dans le court terme. Parce qu’à la longue, les pays occidentaux peuvent se lasser de «l’entêtement» du Sénégal, à force de devoir répéter les mêmes recommandations.
«C’est vrai qu’à un moment, peut-être au cours des prochains Epu, les pays peuvent réfléchir à propos de possibles sanctions, mais là, il n’existe pas encore de mécanismes, en se sens», a encore expliqué Rolland Chauville. Des intellectuels sénégalais ont récemment organisé un panel à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar, au cours duquel, ils ont tiré la sonnette d’alarme sur l’intention cachée des pays occidentaux de conditionner l’aide au développement à l’abrogation de l’article 319 du Code pénal sénégalais. Les mêmes intellectuels ont demandé à l’Etat sénégalais d’anticiper les réflexions pour des solutions alternatives à l’aide occidentale au développement à l’image de la Gambie qui s’est résolue à prendre son destin en mains.

 

Source: Le quotidien

Il y a deux ans, l’Assemblée générale des Nations unies approuvait, à une large majorité, la création d’un Conseil des droits de l’homme en lieu et place de l’ancienne Commission des droits de l’homme, rendue de plus en plus inopérante par des luttes de leadership entre pays du Nord, se disant dépositaires exclusifs de la démocratie et des droits de l’homme, et les pays du Sud sommés de se conformer aux canons européens. C’est ainsi que fut créer l’EPU au cours de l’année 2008.
EPU. Cet acronyme de trois lettres est désormais sur toutes les lèvres, dans les milieux des droits de l’homme. Ils désignent, en effet, l’Examen Périodique Universel, le nouveau mécanisme créé par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU pour examiner la situation des droits humains dans tous les pays membres des Nations unies. Devant ce mécanisme, plusieurs délégations de plus de soixante dix pays prennent la parole. Les uns pour poser des questions, les autres pour émettre un témoignage ou demander des éclaircissements à la suite d’un exposé liminaire sur l’état des droits de l’homme d’un pays donné.

Le contenu des rapports ressort le plus souvent la situation des droits de la femme et de l’enfant tout comme l’état des lieux du pays en matière de droits politiques, économiques, sociaux et culturels.

La Guinée tout comme la Guinée Bissau, pays membres du Réseau Ouest Africain des Défenseurs des Droits Humains (ROADDH/WAHRDN) vont présenter leur rapport devant ce mécanisme respectivement les 4 et 7 mai 2010.

Pour la société civile de ces deux pays, l’objectif de ce rapport est de porter à la connaissance de la communauté internationale, les violations des droits humains commises sur ces territoires et d’interpeller le gouvernement en place et au moment de l’Examen Périodique Universel, de prendre toutes les mesures nécessaires afin de situer les responsabilités.

Faire le parallèle entre certains pays africains déjà examinés et d’autres en attente de l’être c’est présager de l’issue à réservée à ces derniers. Et, c’est bien ce probable manquement que risquent d’avoir beaucoup de pays.

En effet, la Tunisie a été le premier pays africain à se soumettre à cet exercice quadriennal le 8 avril 2008. Les différentes délégations ont dans leur quasi-totalité félicité la Tunisie pour la qualité du rapport présenté, son caractère méthodique, la richesse de son contenu et son engagement à poursuivre sur la voie de la protection des droits de l’homme au point où le président du Conseil des droits de l’homme a invité les pays qui suivront à s’inspirer du modèle tunisien.

Il y a sans doute des raisons qui expliquent cet appel au score de la Tunisie à l’EPU de 2008.

Pays le plus compétitif d’Afrique et du monde arabe, la Tunisie est classée 13ème en termes de confiance dont bénéficient les hommes politiques auprès de l’opinion publique, 17ème pour le lancement dans des délais compétitifs de projets économiques, 24ème dans la sous-rubrique «fiabilité des services de police» et 28ème concernant les relations du travail.

Au regard des évènements malheureux et ininterrompus que connaissent la plupart des pays africains, (Conflits sanglants, meurtres, assassinats, détentions arbitraires, musellement de la presse, pour ne citer que ceux-là.) qui sont les maux principaux contre lesquels les droits de l’homme luttent, la Guinée et la Guinée Bissau parviendront-elles à éditer le modèle tunisien à la huitième session du groupe de travail du Conseil des droits de l’homme en Mai 2010?
Attendons de voir!

Informations

Selection-EPU des Troikas pour la Guinée:
Ghana, Bosnie Herzegovine, Japon
Calendrier provisoire de la huitième session du groupe de travail

Mardi 4 Mai Vendredi 7 Mai Jeudi 6 Mai Mardi 11 Mai
10h-13h: Examen sur la Guinée 9h-12h: Examen sur la Guinée Bissau 12h-12h 30:Adoption du rapport sur la Guinée 12h-12h 30: Adoption du rapport su la Guinée Bissau

L’Examen périodique universel (EPU) est un mécanisme unique et efficace du système des Nations Unies qui fait l’examen de la situation des droits de l’homme dans les 192 pays membres. Il « a le potentiel de promouvoir et de protéger les droits de l’homme dans les coins les plus sombres du monde. » Considéré comme l’une des principales caractéristiques du Conseil, l’examen périodique universel est crée pour assurer un traitement équitable pour tous les pays lorsque la situation des droits de l’homme est évaluée.

La Gambie, membre du Réseau Ouest Africain des Défenseurs des droits de l’homme (ROADDH / WAHRDN), et membre de l’ONU, a été examinée le mercredi 10, février 2010 à Genève par le Conseil des droits de l’homme des Nations unies. Deux jours après l’examen, l’adoption du rapport national sur la Gambie a été faite. Voici le compte rendu proposé par la rédaction du westafricadefenders.org sur ce pays.

En effet, la Gambie a été représentée par une délégation de 16 membres et dirigée par le procureur général et ministre de la Justice, Mme Marie-Saine Firdaus. Les documents sont composés du rapport national (A/HRC/WG.6/7/GMB/1), une compilation de l’information des Nations Unies (A/HRC/WG.6/7/GMB/2) et un résumé des informations des parties prenantes (A/HRC/WG.6/7/GMB/3).

Le rapport national a été présenté par S.E. Mme. Marie-Saine Firdaus. Elle a parlé de la peine de mort et a dit qu’elle s’appliquait uniquement aux assassinats et aux trahisons ayant entraîné la mort. S’agissant des droits de l’homme, elle a montré comment la constitution gambienne prévoit tout un chapitre sur les droits fondamentaux, y compris les droits civils, politiques, sociaux, économiques et culturels.

En outre, elle a souligné que la santé n’est pas garantie comme étant un droit fondamental, mais comme un principe directeur de la politique de l’Etat. Les élections faisant partie des droits de l’homme, Mme Marie Saine Firdaus a dit que la Gambie a une Commission électorale indépendante qui conduit le processus électoral pour des élections libres et équitables. Elle a ajouté que son pays a adopté une loi sur la traite des personnes.

À la suite de la présentation du rapport, un débat interactif a eu lieu. Nombre d’Etats ont pris part à la discussion, 29 États membres et 26 Etats observateurs.
Comme résultats positifs, il est remarqué que des mesures ont été prises dans la sauvegarde des droits de l’enfant (Child Trafficking Law and Children’s Act), la lutte contre les mutilations génitales féminines et la promotion de l’autonomisation accrue des femmes; la stratégie globale de réduction de la pauvreté et les efforts pour garantir le plein accès à l’éducation.

Toutefois, les inquiétudes et les questions soulevées sont les preuves que la Gambie a encore beaucoup à faire en matière de droits de l’homme suite à la réintroduction de la peine de mort en 1995. La violence domestique, les mutilations génitales féminines et la discrimination contre les femmes sont des faits réels; l’indépendance du pouvoir judiciaire, l’indépendance des médias et la liberté d’expression n’existent pas; la protection des défenseurs des droits de l’homme et des journalistes, les arrestations illégales, les exécutions extra-judiciaires font partie du vécu quotidien des Gambiens. Il est fait mention des mauvais traitements, la torture, les disparitions forcées, la traite humaine et la criminalisation des relations consensuelles de même sexe.

La Gambie a expliqué le manque d’effectivité sur les questions soulevées en répondant que la peine de mort est rarement appliquée et il n’y a aucune condamnation à mort sous l’administration actuelle. S’agissant de l’indépendance du pouvoir judiciaire, la Gambie a déclaré que les juges ne sont déplacés que pour incapacité ou inconduite et qu’un code de conduite existe bel et bien.
La liberté d’expression en Gambie, n’est limitée que pour des raisons de sécurité et que la Commission électorale indépendante assure des élections libres et équitables. La Gambie a défendu le fait que les Défenseurs des droits de l’homme jouissent de la sécurité qui leur sont garanties et que les différents groupes Ethniques et religieux co-existent pacifiquement.
Parlant de l’homosexualité, la Gambie a soutenu que les valeurs varient d’une culture à une autre, et l’orientation sexuelle n’est pas considérée comme un droit universel de l’homme en Gambie.

A la fin, le Conseil a formulé 10 recommandations que la Gambie doit accepter, respecter afin d’améliorer la situation des droits de l’homme dans les années à venir:

1. Combattre la violence (y compris la violence domestique) à l’encontre des femmes, éliminer la pratique des mutilations génitales féminines.
2. Renforcer la protection des enfants, notamment contre les mariages précoces et l’exploitation sexuelle.
3. Garantir l’indépendance de la magistrature.
4. Mettre en place un moratoire sur la peine de mort en vue de son abolition.
5. Assurer la protection des défenseurs des droits de l’homme.
6. Prendre des mesures légales pour promouvoir des médias libres et indépendants et pour protéger les journalistes.
7. Ratifier la Convention contre la torture.
8. Ratifier la Convention pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées.
9. Retrait d’une loi qui criminalisent les relations sexuelles entre adultes consentants et contre la violence fondée sur l’orientation sexuelle.
10. Mettre en place une institution nationale des droits de l’homme.

Rappel

A l’instar de l’Espagne et le Kenya, la Gambie, la Guinée et la Guinée Bissau, trois pays membres du Réseau Ouest Africain des Défenseurs des Droits Humains (ROADDH/WAHRDN), vont passer devant le Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies pour présenter leur rapport au cours des 7ème et 8ème session du groupe de travail de l’Examen périodique Universel. La Gambie est en ce moment même en train d’être examinée. La troika est constituée du Cameroun, de la Jordanie et de l’Ukraine. L’adoption du rapport sur la Gambie se fait aujourd’hui vendredi 12 Février 2010 à 12h.

En effet, La situation de la Gambie est l’une des plus préoccupantes en matière de violation des droits humains. En témoigne la déclaration publique par le président de ce pays disant qu’il éliminerait des gens qui se font passer pour des défenseurs au détriment du pays et a assuré que leur sécurité ne sera aucunement garantie par son gouvernement.

Suite à ces propos jugés scandaleux d’un chef d’Etat, les Experts des droits de l’homme ont demandé au Président de la Gambie de faire une autre déclaration publique dans laquelle il soulignerait l’importance et la légitimité du travail des défenseurs des droits de l’homme, et leur contribution essentielle au renforcement de la démocratie et la primauté du droit en contradiction avec ce qui avait été rapporté. Peine perdue, requête balayée du revers de la main par J.Jammey pour qui les droits de l’homme seraient une autre idéologie susceptible de mettre son ‘’trône’’ en péril. Malheureusement, cette idéologie est la condition sine qua nun pour qu’un Etat soit reconnu internationalement crédible.

Tout ceci est la preuve du non respect des nombreuses conventions que la Gambie a signée.

Le Réseau Ouest Africain des Défenseurs des Droits Humains (ROADDH/WAHRDN), espère que les membres du Conseil vont saisir cette occasion afin d’attirer l’attention de la communauté internationale sur les problèmes des droits humains les plus alarmants dans ces pays examinés et de faire des recommandations pertinentes dans le but de renforcer le respect des obligations par ces États dans le domaine des droits humains.