Le Réseau Ouest Africain des Défenseurs des Droits Humains (ROADDH/WAHRDN) est vivement préoccupé par la disparition du Directeur de la radio privée Teranga Fm, M. Alagie Sisay.

Selon nos différentes sources d’informations, le journaliste a été enlevé dans la nuit du 17 juillet, par des hommes non identifiés. Cette disparition fait suite aux précédentes menaces et arrestations dont ce dernier a fait l’objet de la part des services secrets gambiens depuis 2011.

En effet, le 13 janvier 2011, les agents de la Sécurité d’Etat ont mis à sac les locaux de la radio communautaire Teranga FM avant d’ordonner sa fermeture. A cette époque déjà, il lui aurait été reproché la diffusion de certaines informations dans les langues locales.   Puis en 2012, les agents de la NIA (l’agence nationale de renseignement), avaient ordonné la fermeture de la même radio pour avoir refusé d’arrêter la revue quotidienne de la presse gambienne.

Après la tentative de coup d’Etat manquée du 30 décembre 2014, les autorités avaient intimé du 0l au 04 Janvier 2015, l’ordre au directeur de la radio de ne diffuser que de la musique.

Récemment à la date du 02 juillet 2015, le Directeur de la radio Teranga, M. Alagie Sisay a été porté disparu pour réapparaître quelques jours plus tard dans sa famille avec des traces de sévices corporelles.

Depuis quelques semaines, M. Alagie Sisay aurait disparu à nouveau et selon Amnesty International, il serait détenu sans inculpation depuis le 17 Juillet au siège de la NIA, privé de tout contact avec sa famille et son avocat.

Cette attitude des autorités gambiennes, va à l’encontre des principes de la liberté d’expression et de presse, garantis par l’article 19 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, du Pacte International relatif aux Droits Civils et Politiques, de l’article 9 de la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples et l’article 25 de la Constitution Gambienne.

Le ROADDH/WAHRDN, inquiet d‘un tel acharnement observé au niveau des autorités gambiennes contre Mr Alagie Sisay et sa radio, condamne avec la dernière rigueur cette tentative de musèlement de la presse et demande aux autorités gambiennes de prendre toutes les dispositions nécessaires pour garantir la liberté d’expression et de presse en Gambie.

Le Réseau Ouest Africain des Défenseurs des Droits humains appelle les autorités gambiennes :

  • à fournir des informations sur la situation de M. Alagie Sisay
  • à garantir la sécurité du Directeur de la radio privée Teranga Fm.

Nous encourageons vivement l’Etat de Gambie à prendre des mesures adéquates pour veiller à ce que de telles tentatives visant à museler la presse et par conséquent tout défenseur des droits humains ne se reproduisent plus sur son territoire.

Ce 30 Juillet 2015,

Le ROADDH/WAHRDN