« Les sièges et domiciles des défenseurs des droits de l’homme sont inviolables…… » article 6 de la loi ivoirienne sur la protection des défenseurs des droits de l’homme
Nos organisations sont vivement préoccupées par les Cambriolages ciblés des sièges de l’APDH et du MIDH survenus respectivement dans la nuit du 14 au 15 et dans la nuit du 19 au 20 Mai 2015. Les intrus auraient emporté avec eux de précieux documents et un ordinateur contenant des données confidentielles. Ces cambriolages qui interviennent à quelques mois du scrutin présidentiel, annoncé pour le mois d’octobre, inquiètent les défenseurs des droits de l’Homme qui ont encore en mémoire les douloureux événements générés par les élections de 2010.

Continue reading « Cambriolages aux sièges de l’APDH et du MIDH / Déclaration conjointe CIDDH-ROADDH-SIDH »

Lomé le 17 Décembre 2010. Le Réseau Ouest Africain des Défenseurs des Droits Humains (ROADHH/WARDHN), est profondément préoccupé par la situation socio politique qui prévaut actuellement en Côte d’Ivoire et ses conséquences sur la population et particulièrement les défenseurs des droits de l’homme.

Depuis la proclamation des résultats du second tour de l’élection présidentielle le 28 Novembre 2010 et les prestations de serment des deux « présidents » en date du 4 décembre 2010,la situation socio politique n’a cessé de se dégrader et les défenseurs des droits de l’homme en font les frais.

Selon les informations qui nous parviennent des défenseurs des droits de l’homme font l’objet de menaces, d’actes d’intimidation et de destructions de leurs biens. Les cas suivants ont été portés à la connaissance du ROADDH/WAHRDN:

Depuis le 10 Décembre 2010 M. Traoré Drissa président du Mouvement Ivoirien pour les Droits de l’Homme (MIDH) est objet de menaces et son domicile fait l’objet de plusieurs repérages,

Depuis le 28 Novembre 2010 M. Behibo Armand membre d’Amnesty International (AI) fait l’objet de menace de la part des membres de la Fédération Estudiantine et Scolaire de Côte d’Ivoire,

Début Décembre, M. Coulibaly Dopali membre du MIDH à été victime d’actes d’intimidation et sa voiture saccagée.

Enfin, le 15 Décembre 2010 M. Diaby Brahima secrétaire général du Syndicat National des Transports des Marchandises et des Voyageurs à été victime de fausses accusations formulées à son endroit. Selon ses accusateurs, il serait le distributeur de machettes au marché d`Adjamé.

Le ROADDH/WAHRDN s’inquiète de la sécurité quotidienne des défenseurs en Cote d`Ivoire particulièrement ceux cite dans la présente déclaration.

Le ROADDH/WAHRDN tient à rappeler aux parties en conflit que la protection des citoyens incombe en premier lieu à l’Etat ivoirien et par conséquent à ses représentants. Ainsi, aux termes des dispositions de la Déclaration des Nations Unies sur les Défenseurs des Droits de l’Homme de 1998, il est de la responsabilité de l’Etat de protéger les défenseurs des droits de l’homme.

Par ailleurs les Déclarations de Kigali et de Grand Baie, demandent aux Etats de veiller au bien être des défenseurs des droits de l’homme.Le ROADDH/WAHRDN condamne sévèrement les actes perpétrés à l’endroit des personnes citées et demande
à toutes les parties concernées de prendre leurs responsabilités afin d’assurer la protection effective de la population entière et des défenseurs des droits de l’homme en Côte d’Ivoire.

Le ROADDH invite également la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples et le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies à rappeler à M. Gbagbo et Ouattarra les obligations qui sont les leurs visà-vis du peuple ivoirien en les invitant à mettre un terme à toute action susceptible d‘entrainer des violations des droits fondamentaux des populations et ceux des défenseurs des droits de l’homme.

 

Fait à Lomé le 17 Décembre 2010
ROADDH- WAHRDN

Le 3 Juin 2010. Le Réseau des Défenseurs des Droits Humains en Afrique Centrale,
(REDHAC), le Réseau Ouest Africain des Défenseurs des Droits Humains
(ROADDH/WAHRDN) et the East and Horn of Africa Human Rights Defenders Project
(EHAHRDP) sont consternés par l’assassinat de Floribert CHEBEYA BAHIZIRE secrétaire
exécutif national du Réseau National des ONG des Droits de l’Homme de la République
Démocratique du Congo (RENADHOC) et directeur exécutif de la Voix des Sans voix pour les droits de l’homme (VSV), le 2 Juin 2010.

Le corps de M CHEBEYA BAHIZIRE a été trouvé dans sa voiture le mercredi 2 juin par la police à Mitendi à la frontière entre la Ville de Kinshasa et la Province du Bas Congo. La police a annoncé sa mort, son nom figure sur le registre des entrées de la morgue mais jusqu’à présent la famille et à la Mission de l’Organisation des Nations Unies en RD Congo (MONUC) ont vu leur demande d’accès au corps pour identification refusée par la police.

Selon les informations en notre possession, le Mardi 1er Juin 2010 M. CHEBEYA BAHIZIRE avait répondu à une invitation de l’inspecteur Général de la Police Nationale Congolaise, le Général John NUMBI BANYA TAMBO, suite à laquelle M. CHEBEYA BAHIZIRE et son chauffeur Fidèle BAZANA EDADI n’ont plus donné signe de vie. Fidèle BAZANA EDADI est toujours porté disparu.

Victime de menaces et d’intimidations quotidiennes; M.CHEBEYA BAHIZIRE n’a jamais baissé les bras poursuivant sans relâche son combat pour le respect des droits de l’homme en République Démocratique du Congo (RDC).

REDHAC, ROADDH/WAHRDN et EHAHRDP condamnent avec fermeté l’assassinat de M.
CHEBEYA BAHIZIRE qui s’ajoute à la longue liste des défenseurs assassinés en République Démocratique du Congo et appellent une fois de plus les Etats africains à s’engager fermement pour la protection des défenseurs des droits de l’homme en Afrique et particulièrement en RDC. Et demandent ainsi:

Aux autorités de la République Démocratique du Congo:

  • D’ouvrir une enquête indépendante sur l’assassinat de M Floribert CHEBEYA BAHIZIRE, d’arrêter et d’inculper les responsables et de les traduire en justice;
  • De garantir l’intégrité physique et psychologique, de tous les défenseurs des droits de l’homme oeuvrant en République Démocratique du Congo;
  • Prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la protection des défenseurs des droits de l’homme en République Démocratique du Congo;
  • D’assurer la sécurité et la protection de la famille de Floribert CHEBEYA BAHIZIRE et de veiller à son bien être.

Au Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU:

  • De demander à la République Démocratique du Congo de garantir la protection des Défenseurs des droits de l’homme sur son territoire;
  • De se conformer aux dispositions de la Déclaration des Nations Unies sur les Défenseurs des droits de l’homme;
  • De demander aux Etats de s’engager publiquement à inclure dans leurs législations des dispositions pour la protection des défenseurs des droits de l’homme;
  • De demander un renforcement des mécanismes de protection des Défenseurs des droits de l’homme au sein de la MONUC.

A la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples:

  • D’exiger du gouvernement Congolais l’ouverture d’une enquête indépendante en vue d’identifier et de poursuivre en justice les auteurs cet assassinat;
  • D’exiger de la République Démocratique du Congo de respecter ses engagements;
    concernant la protection des défenseurs des droits de l’homme tel que stipulé dans les Déclarations de Kigali et de Grand Baie;
  • De soutenir le plaidoyer pour la protection des défenseurs des droits humains en
    exigeant des Etats Africaines de s’engager publiquement et fermement à prendre des mesures pour la protection effective des défenseurs des droits de l’homme en Afrique.